La force des collines

Nejma, rond-point. C’est ce qu’il m’a dit de dire au taxi pour le retrouver afin de prendre ce bus bleu ensemble.

Quelques semaines avant d’arriver à Tanger, je suis entré en contact avec Mohamed Stili, jeune Marocain de 25 ans ouvert à me partager son environnement. Il habite à Herarrech, village en haut d’une colline à l’écart du centre ville. Hormis ses habitants, peu de personne connaissent cet endroit. C’est le terminus du bus 14. De tout là haut, on surplombe Tanger avec une vue imprenable sur la mer d’un côté et la forêt de l’autre.

Chez lui je découvre un intérieur parfaitement décoré, tamisé et chaleureux. Des canapés bleus le long des murs, une table ronde pour les dîners. Au dessus, un toit encombré par les matériaux ayant probablement servi à la construction permet d’admirer la vue. Mohamed me partage sa vie autour d’un loubia généreusement cuisiné par sa mère qu’il me présentera plus tard.

Fier d’appartenir à cette culture marocaine et d’être né musulman, il a grandi dans un bon environnement familial. Sa mère l’a élevé avec son petit frère et sa petite sœur, il étudie le développement informatique.

« Dans ma vie j’ai eu beaucoup d’amis de différentes villes et différentes religions. Des bons et des mauvais amis mais j’ai appris d’eux. Parfois, avec Ilias et Mohamed on danse le hip hop.

Ici, il est difficile de grandir et de se construire un futur car il y a beaucoup de difficultés sur notre chemin et nous devons nous battre très dur pour atteindre nos objectifs. Parfois je me sens mal parce qu’on a l’impression que les circonstances ne nous laisseront jamais être qui on veut, pour ma part chef d’entreprise capable de subvenir aux besoins de ma famille. J’aimerais les éloigner des problèmes qu’ils ont connu.»

Je remercie Mohamed, sa mère et ses amis Mohamed et Ilias pour leur accueil et leur partage. 

On se retrouve au rond-point.

Jérémy Toussies 

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